Lettre ouverte : (sur)vivre (à) un décès…

Aujourd’hui, je voudrais faire une lettre ouverte… Enfin, c’est souvent ces mots que je vois passer… Bref, je voudrais tout simplement m’adresser aux Ministres du Travail, de la Famille ou encore de la Santé. Je sais que ce petit billet ne va pas forcément les intéresser, ce ne sont que quelques mots d’une personne endeuillée, qu’une situation parmi tant d’autres, qu’une remarque parmi tant d’autres…

J’ai récemment vécu le décès d’une personne très chère à mon coeur : ma grand-mère. La semaine dernière, j’ai fait un mot dans les cahiers, pour prévenir les maîtresses de mes enfants, qu’elles soient au courant qu’ils pourraient être tristes, marqués. Et moi ? Qui a fait un mot pour moi ? Personne… Je suis allée travailler… J’ai beaucoup pleuré, ce jour-là et les jours d’après… Aujourd’hui encore, et demain certainement.

Vivre ou plutôt survivre à un décès peut être très dur… Alors quand en plus il faut aller travailler alors que notre coeur est brisé… Certes, être au travail, entourée de collègues, de vie, m’a permis d’essayer de ne pas y penser… Mais j’y ai pensé…

Aujourd’hui, les personnes vivent bien plus longtemps que par le passé. Merci la médecine, le progrès, la vie… Mais quelle ne fut pas ma surprise de constater que dans le code du travail il n’y avait nulle trace d’un congé pour le décès d’un grand-parent… Non, rien… Nada… Même pas une demie-journée… Rien… Nous n’avons pas le droit de les enterrer ou d’être triste il faut croire… Pas le droit de penser à des personnes qui nous ont (sans doute) gardés, aimés, pendant tant d’années… Bref, pas une journée…

Grâce à une collègue, j’ai vu que mon entreprise proposait un jour de congé pour le décès d’un grand-parent… Ainsi qu’une journée supplémentaire lorsqu’il y avait un déplacement de + de 500 km aller/retour… Alors, merci… Merci à mon entreprise… Dans tous les cas je me serais absentée car pour moi impossible de manquer l’enterrement d’une personne que j’ai autant aimé et qui va tant me manquer...

Alors je sais qu’il y a plus grave et plus important dans la vie que d’oser réclamer un jour de congé pour décès d’un grand-parent, et pourquoi pas, soyons fous, une journée supplémentaire lorsque l’enterrement de la personne est à plus de 500 km aller retour (mon entreprise le proposant, pourquoi ne pas le faire pour tous ?), que ce soit un grand-parent, un enfant, un parent, ou autre… Mais voilà… Je me dis qu’aujourd’hui beaucoup ont la chance de connaitre leurs grands-parents, et beaucoup ont la malchance de les perdre… Beaucoup de personnes bougent pour vivre, travailler, et vivent ainsi éloignées de leur famille…. Alors pourquoi ne pas proposer de rajouter ce congé pour grand-parent et ce jour supplémentaire pour grande distance pour assister à un enterrement dans le droit du travail ? Afin que tout le monde en bénéficie ?

Mon billet n’est qu’une petite pierre, une poussière, dans toutes les demandes qui doivent être faites à gauche à droite… Mais, je décide de l’écrire et de le publier car il peut malheureusement un jour vous concerner…

Aujourd’hui, je n’ai plus de grand-parent, donc ce congé, dont j’ai pu bénéficier grâce à mon entreprise, ne me concernera plus… Mais la douleur est si grande… Que un, deux  ou trois petits jours de congé est ce trop demander ?

Vivre un deuil, survivre à une personne tant aimée, mériterait qu’on puisse s’enfouir sous une couette pour pleurer le temps qu’on a besoin de pleurer… Qu’on puisse se rappeler les bons souvenirs, regarder les photos si on en a la force, crier, hurler, si on en a envie…

Apparemment, dans le droit du travail, on a droit, en janvier 2019, et sauf erreur de ma part,  à :

  • 5 jours pour le décès d’un enfant
  • 3 jours pour le décès de son conjoint, concubin ou partenaire lié par un PACS
  • 3 jours pour son père, sa mère, son frère ou sa soeur
  • 3 jours pour son beau-père ou sa belle-mère (père ou mère de son conjoint…)

Mais rien… Rien pour un grand-parent… Rien pour une belle soeur ou un beau frère … Alors que  pour les beaux-parents un congé est prévu. Non… Il faut compter sur une convention collective (quand on en a une) ou un accord applicable (merci mon entreprise).

Déjà que c’est dur de ne pouvoir être présent autant qu’on le souhaite lorsqu’on vit éloigné, qu’il faut aller travailler, s’occuper de ses enfants, etc… Mais se dire que, si on n’a pas les « moyens » il faut peut-être renoncer à poser des jours pour vivre son deuil, assister à l’enterrement, et survivre face à ce décès…

Pourquoi ne pas proposer un congé pour les grands-parents ? 1, 2 ou 3 jours ? Et pour les beaux frères et belles soeurs ? Car oui les familles changent, les temps changent…. Je ne parle pas d’un congé pour son ou sa meilleure amie, son cousin ou son grand oncle… Bien qu’à mes yeux faire face à un décès quel qu’il soit mériterait qu’on puisse pouvoir se poser et à minima assister à l’enterrement de toute personne qui compte dans nos vies…

Alors voilà, je propose que soient ajoutés au code du travail au moins une journée de congé pour le décès d’un grand-parent (voire 3 au même titre que les beaux-parents) ainsi qu’une journée supplémentaire pour tout déplacement aller retour de + de 500 km  car je dois l’avouer, ce congé supplémentaire est le bienvenu quand un trajet important doit être fait et évite de devoir se presser, être fatigué par un aller retour dans la journée ou de devoir tout simplement renoncer à faire ses adieux à une personne qui a compté….

Je propose également que soient ajoutés des congés pour le décès d’un beau-frère ou d’une belle-soeur également : un, deux ou trois jours, je ne sais pas… 

Vivre un décès n’est jamais facile… Dire adieu non plus. On a besoin de temps pour comprendre, digérer, pleurer… Je n’ose imaginer perdre mon mari, un de mes enfants, ma soeur ou mes parents… Comment se remettre en 3 ou 5 jours …?

En espérant que ce texte sera lu, et que cette suggestion sera étudiée…. un jour… peut-être…

Pour les générations futures…  Et la future grand-mère qu’un jour je serais peut-être …

Que pensez-vous de ma proposition ?

Savez-vous si des congés spécifiques existent dans votre entreprise, des congés supplémentaires par rapport au droit du travail ?

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5 réflexions sur “Lettre ouverte : (sur)vivre (à) un décès…

  1. Je suis d’accord avec cet écrit. La loi du travail est mal faites!!
    On doit avoir le droit de dire au revoir a ces personnes qui nous chères.
    De la famille ou amis , le deuil c’est le même et la loi du travail ne prévoit rien sauf un arrangement de la société ou de l’entreprise.
    Le deuil est différent pour chaque personne et du temps on en a besoin mais quand on travaille c’est compliqué et ca ne devrait pas l’être!!!
    On est déjà assez éprouvé sans se soucier de savoir si on vas pouvoir dire au revoir a la personne qui n’est plus là…
    L’accompagner jusqu’à sa dernière demeure c’est important!
    L’être humain est différent a plusieurs niveaux, mais un deuil ne s’explique pas….
    J’espère que ce texte sera lu et repris ailleurs et surtout au bon endroit.

    Cocopaillette

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